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Nous avons mis une dizaine de jours pour rallier Istanbul à Erzurum, située à l'Est de la Turquie. Nous ne sommes maintenant plus qu'à 3 jours de la frontière Iranienne.

Nous quittons Istanbul sous la grisaille. Les difficultées commencent par la traversée du Bosphore par l'un des deux ponts qui relient L'Europe et L'Asie. Normalement c'est une autoroute avec péage, mais nous sommes passés à côté des barrières en déclenchant leur alarme.
Urbanisation galopante au nord d'Istanbul, des banlieues pour riches et pauvres en constructıon.
Nous gagnons la côte de la mer Noire. Pendant 3 jours nous subissons un vent de face puissant qui nous ralentit, nous fatigue et nous décourage.
De plus le relief est très cassant : les côtes et les descentes à 10% s'enchainent. Nous n'en voyons pas la fin.
Et enfın la route indiquée par la carte est encore en projet, si bien que nous errons sur des pistes, demandant notre chemin tous les 500m. Alors nous décidons d'aller un peu plus à l'intérieur des terres, quitte à avoir un peu plus de circulation sur les routes nationales.
La Turquie est un paradis pour les cyclotouristes : tout au long de la route nous trouvons des fruits, bienvenus pour les pauses : figues, pêches, pommes... De quoi contenter l'estomac distendu de Jean-Marc.
Tous les 10km il y a des fontaines d'eau potables, parfois aménagées avec des tables et bancs.
Tous les soirs nous trouvons assez facilement des endroits pour planter la tente.
Même si nous sommes pour le moment plutôt gâtés par la météo, nous avons essuyé quand même quelques orages. Nous avons mis au point une technique imparable pour nous protéger de la pluie : nous nous réfugions sous une bâche tendue entre nos deux vélos.
Plus nous allons vers l'ouest et plus les contrôles routiers s'intensifient. C'est à chaque fois une montée d'adrénaline. Pour le moment, ça se passe plutôt bien. Après un contrôle en règle en haut d'un col avec blindé et mitrailleuse, un soldat nous offre des glaces.
Une autre fois, un policier nous dit sans rire que nous risquons une contavention en roulant sur la route, et qu'il faut enprunter le bas côté tout cahoteux, ce que nous faisons... jusqu'au virage suivant.
Ici un soldat se prête à une séance photo après nous avoir montré fièrement son arme.
Nous faisons des rencontres insolites. Par exemple cette cyclo slovène qui revient d'un tour d'Asie de 2 ans sur un vélo couché... et en solo! Pour le moment nous n'avions croisé que des hommes. Voici son blog : cliquez ici
Nous avons également rencontré un pèlerin français qui se rendait à pieds à Jérusalem, sans carte ni visas!
Lorsque nous demandons notre chemin ou faisons des courses, un petit attroupement se forme. Comme nos notions de turcs sont très limitées, nous expliquons avec les maıns notre itinéraire et notre aventure.
Nous suivons des vallées orientées Est-Ouest sur plusieurs centaines de kilomètres. Se succèdent les cultures de noisettes, riz,
... et des oignons pour les kebabs.
En allant plus à l'Est vers Erzurum, nous traversons des hauts plateaux (1600m) et il n'y a plus que du blé et du bétail.
Ces grandes steppes abrittent un grands nombre de rapaces. Les poteaux électriques font de bons perchoirs en l'absence d'arbres.
Pour passer d'un plateau à l'autre nous franchissons des cols, dont le col de Kop à 2370m. A 2000m, la sortie du duvet au levé du jour à 5 degrés est rude. Nous gardons un peu de montée pour nous réchauffer au petit matin.
Mais ces ascensions sont récompensées par ces paysages, dont la lumière et les couleurs sont purifiées par l'altitude.
Le pays semble partout en chantier, en témoignent ces ensembles d'immeubles en constructıon dans quasiment toutes les villes rencontrées,
...ainsi que les multiples projets de barrages,
... et la constructıon de nouvelles routes. Tout cela fait penser à une politique de grands travaux. Nous y voyons la volonté d'intégration et de développement de l'Est.
Beaucoup d'entre vous nous ont demandé de parler du "côté off" de notre périple. Concernant nos postérieurs, ils se sont adaptés à nos selles et aux cahots de la route. La première semaine fût difficile, et parfois encore aujourd'hui après une centaine de kilomètres. Le soir bien entendu nous sommes fatigués, mais finalement pas beacoup plus qu'après 8h passées derrière un écran d'ordinateur.
Lorsque nous campons, nous suivons le rythme du soleil : levés à 5h, couchés à 20h, comme les poules. Nous essayons de rester discrets lorsque nous campons en pleine nature.
Les chiens nous causent pas mal de soucis. Les chiens errants, "les kangals", traînent autour des villages, des décharges, même en haut des cols. Mais ils ne sont pas dangereux par rapport aux chiens de ferme qui défendent leur propriété et les troupeaux. Notre "barre à chien" s'avère disuasive.
La journée est rythmée par les pauses et les repas qu'on attend avec impatience. Nous avons beaucoup de temps pour penser sur nos bicyclettes (entre 4h et 8h par jour). Maıs nous ne pouvons vraiment nous évader que lorsque la route est droite et la circulation faible.
Bien que nous soyons 24h/24 jamais loin l'un de l'autre, notre complicité est intacte, et même se renforce. Finalement nous sommes seuls lorsque nous sommes chacun sur nos vélos. Ils faut aussi souligner que nous n'avons pas encore eu de gros soucis ou de mauvaises conditions.
Pour vous faire un peu ressentir notre quotidien, une vue depuis nos montures lorsqu' on baisse la tête dans les montées.
Dans 3 jours nous passons la frontière Iranienne. Nous appréhendons un peu le passage de la douane, et puis la vie dans ce nouveau pays, d'autant plus que nous arrivons en plein ramadan. Prochain rendez-vous à Tabriz.
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