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Le début de l'épopée dans les montagnes du Tian Shan débute à Osh, deuxième ville du Kyrghizistan. Il s'agit d'une ville ouzbèke en territoire kyrghiz ce qui suscite parfois des tensions.
Le premier jour nous sommes invités pour manger à une fête pour une circoncision (c'est le petit au premier plan avec la larme à l'oeil). Nous en profitons pour déguster notre dernier plov.
Les kyrghizs sont de sacrés gaillards, en voici une belle brochette.
Nous croisons un gamin avec un klaxon encore plus surpuissant que le nôtre. Une belle invention: la pompe à vélo envoie de l'air sous pression dans les deux cornes de brume. En plus on peut même gonfler les pneus avec!
La route n'en finit pas de monter pendant au moins 60km, et à la fin elle se transforme en piste.
Au sommet du premier col à 2400m, il y a de la neige et la piste est rendue boueuse par le passage des nombreux camions.
Comme il fait plutôt frisquet à cette altitude, nous revêtons notre équipement pour le froid, qui nous avait déjà servi pour l'ascension du Mont Damavand en Iran.
Comme nous sommes en effort, nous n'avons pas froid, à part aux pieds et aux mains, et bien sûr la sempiternelle goutte au nez.
Le deuxième jour le soleil nous accompagne pour l'ascension du deuxième col à 3600m.
Nous remontons pendant environ 90 km une vallée, jalonnée de petits villages. Les gamins ont l'habitude de voir passer des cyclos et ne sont pas toujours très sympatiques...
La route est assez mauvaise mais à chaque virage nous découvrons un nouveau magnifique panorama.
Les montagnes sont pleines de couleurs: jaune, rouge, gris.
La neige est présente au dessus de 2500 m environ.
Le soir nous ne parvenons pas à terminer l'ascension du col et nous sommes accueillis dans une famille bien sympathique. Leur maison est perdue au milieu de la montée, sans électricité. Le chef de famille s'occupe de l'entretient de la route.
Pour le remercier nous lui offrons des lunettes de soleil, dont il a fort besoin.
Il travaille sans gant alors que nous nous gelons les mains dans nos mouffles de ski... Ils sont rudes ces kyrghizs...
Le lendemain nous terminons l'ascension. Le col? C'est le sommet de la montagne, vers le pylone électrique. C'est le point culminant de notre voyage à 3630m.
Le col vu d'en haut. Le versant sud est bien déneigé.
Alors les camions en profitent pour faire la course... et se doubler au ras du ravin. Qui fait le malin...
Le sommet du col est couvert de glace: la neige est pilonnée par les camions. En vélo c'est pas facile de garder l'équilibre alors on descend à 5km/h. Jean-Marc en profite pour faire sa première chute, sans gravité... sauf qu'il avait garder une noix dans sa poche ventrale qui lui a coupé le souffle! Moralité: si on vous donne une noix, manger la tout de suite.
Au bout de la descente: le village de Sari Tash. Ce village d'éleveurs à 3300m d'altitude fait penser a un village de la conquête de l'ouest américain. Nous y louons une chambre sans chauffage, ou comme on dit chez nous, on se pèle les meules!
Le lendemain nous pouvons observer le levé de soleil sur la chaîne du Pamir, avec le pic Lénine qui culmine à 7134m.
Nous remontons la vallée d'Alai, avec ces grands pâturages qui l'été accueillent les yourts.
La vallée se termine par un col à 3600m. Dans la descente, l'état de la piste se dégrade.
Le passage des camions est assez important: en effet il s'agit d'un des rares chemins entre la Chine et l'Asie Centrale. La route est théoriquement ouverte toute l'année.
 Les pannes mécaniques sont fréquentes. Ici, camionneur c'est plus qu'un métier, c'est une vocation.
Pour se réchauffer, nous buvons une petite vodka accompagnée d'un saucisson dans la cabine d'un routier qui est immobilisé pour un moment.
A l'approche de la frontière chinoise, la route redevient asphaltée. Petit contrôle de routine par des militaires qui se prêttent à une séance photos.
Quelques kilomètres avant la frontière, nous traversons le village de Nura qui a été détruit par un tremblement de terre quelques semaines plus tot.
Les gens sont relogés temporairement dans des mobilhomes. Nous sommes mal à l'aise à la vue de l'étendue des dégâts. En fait les maisons modernes sont encore debout, mais les maisons traditionnelles en pierre et en pizé n'ont pas résistées à la secousse.
Le soir nous passons la frontière chinoise sans encombre juste avant la fermeture. Tout de suite on peut remarquer l'organisation chinoise, et le nombre de soldats présents.
Du côté chinois il fait un peu plus chaud et plus sec. Les routes sont en parfait état.
La signalisation est présente, mais en chinois et en arabe, ce qui ne nous aide pas vraiment. Heureusement il n'y a qu'une seule route!
Les Ouighours sont le peuple de la province de l'Ouest de la Chine, le Xinjiang. Comme leurs confrères d'Asie Centrale, ils sont musulmans.
Les chameaux de la route de la soie sont toujours là, en semi-liberté.
Comme il n'y a pas de ville sur notre route, nous tentons un camping à 2500m d'altitude. Heureusement nous avons investi dans des duvets bien chauds. Au petit matin la tente est couverte de givre!
Le paysage est toujours magnifique. Dans cette partie du massif, les montagnes sont calcaires et s'érodent facilement, ce qui forme de jolies sculptures.
A l'approche de Kashgar, à 1300m d'altitude, nous traversons une oasis, qui a un air de paradis dans cette région désertique.
Kashgar est une ancienne étape de la route de la soie. C'est la ville Ouighour la plus importante. La vieille ville a conservé son charme,...
mais est quelque peu dénaturée par la nouvelle ville très moderne qui l'a en grande partie remplacée.
Une statue imposante de Mao trône sur la place principale. A notre grande surprise, Kashgar est une ville très moderne. Tous les 2 roues sont électriques, il y a des centres commerciaux partout, des distributeurs de billets...
Les prochains jours nous partons à l'assaut du désert du Taklamakan. Même si nous sommes en Chine, il nous reste encore 4000 km à parcourir. C'est pas fini tant que c'est pas fini...
Prochain rendez-vous dans une dizaine de jours.
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Bonne chance pour la traversée du désert!
Bises
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